La Renaissance italienne en France
L'influence de la Renaissance italienne sur l'art français est décisive. Léonard de Vinci passe les dernières années de sa vie au Clos Lucé, à Amboise, invité par François Ier ; il y emporte notamment La Joconde (conservée aujourd'hui au Louvre). Ce séjour symbolise le transfert du génie italien vers la cour de France. Catherine de Médicis, reine de France, poursuit cette politique en faisant venir architectes, peintres et artisans italiens pour les châteaux et les fêtes.
L'École de Fontainebleau, née au XVIe siècle autour du château de Fontainebleau, fusionne le maniérisme italien et le goût français : Rosso Fiorentino et Le Primatice y travaillent sous François Ier et Henri II. Fresques, stucs et décors créent un style qui marquera durablement l'art français et confirment le rôle de l'Italie comme référence artistique.
L'École de Paris et les Italiens
Au début du XXe siècle, Paris devient la capitale mondiale de l'art. De nombreux artistes italiens s'y installent et participent à ce qu'on appelle l'École de Paris. Amedeo Modigliani (1884–1920), installé à Montparnasse, y invente un style unique — portraits et nus aux lignes allongées — et y meurt dans la misère avant d'être reconnu comme un des grands peintres du siècle. Giorgio De Chirico, fondateur de la peinture métaphysique, séjourne à Paris et influence les surréalistes français.
Giovanni Boldini, portraitiste mondain, travaille pour l'élite parisienne. Ces artistes italiens ont enrichi la scène parisienne et ont été collectionnés par des musées et amateurs français. Le dialogue entre avant-gardes italiennes et françaises (futurisme, surréalisme) a nourri l'art moderne des deux pays.
L'art contemporain
Après la Seconde Guerre mondiale, les échanges se poursuivent. L'Arte Povera (Pistoletto, Merz, Kounellis, etc.), mouvement italien des années 1960–70 qui prône un art fait de matériaux pauvres et de gestes simples, est largement exposé et commenté en France. La Biennale de Venise accueille régulièrement des artistes français et constitue un lieu de rencontre entre scènes italienne et française. Le Centre Pompidou et le Palais de Tokyo programment des artistes italiens ; réciproquement, les institutions italiennes exposent l'art français.
Aujourd'hui, galeries, fondations et musées des deux pays organisent des expositions croisées et des résidences. L'héritage commun — de la Renaissance à l'art conceptuel — continue d'alimenter un dialogue vivant entre la France et l'Italie.
La sculpture
La sculpture franco-italienne occupe une place notable. Paul Belmondo (1898–1982), père de Jean-Paul Belmondo, est un sculpteur français d'origine italienne (Sicile) ; il a réalisé des monuments, des bustes et des médailles et a été élu à l'Académie des beaux-arts. Son œuvre incarne une tradition classique et figurative à la croisée des deux cultures. De nombreux sculpteurs italiens ont aussi travaillé en France — du baroque à l'époque moderne — pour des commandes religieuses ou publiques.
Ces parcours montrent que la sculpture, comme la peinture, a constamment circulé entre la France et l'Italie, des ateliers de la Renaissance aux musées contemporains.