Le football des Francitaliens
Le lien entre le football français et l'Italie s'incarne d'abord dans des joueurs légendaires. Michel Platini, triple Ballon d'Or (1983, 1984, 1985), a écrit ses plus belles pages à la Juventus de Turin, où il a remporté deux championnats d'Italie, une Coupe des clubs champions et le titre de meilleur buteur du championnat. Considéré comme l'un des plus grands numéros 10 de l'histoire, il incarne la passerelle entre les deux pays et reste une figure adulée des deux côtés des Alpes.
Le cyclisme
Le Tour de France et le Giro d'Italia sont les deux plus grandes épreuves cyclistes par étapes au monde. La passion du vélo unit profondément les deux nations. Fausto Coppi, « le Campionissimo », a marqué l'histoire du cyclisme italien et international ; Marco Pantani, vainqueur du Tour et du Giro en 1998, a suscité une ferveur qui dépasse les frontières. Les coureurs français et italiens se sont souvent affrontés sur les cols des Alpes et des Pyrénées, créant des rivalités mythiques (Anquetil–Poulidor côté français, Coppi–Bartali côté italien).
Les marques de vélos italiennes — Colnago, Bianchi, Pinarello — sont plébiscitées par les amateurs et les professionnels en France. Les Francitaliens partagent cette culture du cyclisme : clubs, sorties dominicales et suivi des grandes courses font partie du quotidien de nombreuses familles qui ont un pied dans chaque pays. Le vélo incarne à la fois la performance, la tradition et le lien au territoire, des Alpes à la Méditerranée.
Les autres sports
En sport automobile, la Formule 1 constitue un pont évident : Ferrari et les écuries italiennes côtoient les pilotes et les équipes françaises. Jean Alesi, d'origine sicilienne par son père et naturalisé français, a piloté pour Ferrari et incarne parfaitement ce double ancrage. Les Grands Prix de Monaco, de France (Magny-Cours, Paul Ricard) et d'Italie (Monza) rythment une saison où les couleurs bleu-blanc-rouge et vert-blanc-rouge se croisent sans cesse.
L'Euro et la Coupe du monde
Les confrontations France–Italie en phase finale des grandes compétitions ont marqué l'histoire du football. En finale de l'Euro 2000, la France s'impose 2–1 en prolongation grâce à un but en or de David Trezeguet, après avoir égalisé dans le dernier quart d'heure. En 2006, en finale de la Coupe du monde en Allemagne, l'Italie l'emporte aux tirs au but après un 1–1 (but de Zidane sur penalty, puis but italien ; Zidane exclu pour un coup de tête sur Materazzi). Ces deux finales résument une rivalité à la fois intense et respectueuse.
Chaque match France–Italie est vécu avec une intensité particulière par les Francitaliens : selon que l'on penche pour le maillot bleu ou l'Azzurro, les repas de famille et les discussions entre amis prennent un tour passionné. Cette rivalité fraternelle, nourrie par l'histoire migratoire et le nombre de binationaux, fait du sport un vecteur essentiel de l'identité franco-italienne.