FRANCITALIENS

Deux cultures. Une identité.

Cinéma & Musique

Serge Reggiani

Du théâtre et du cinéma à la chanson : une voix et un visage inoubliables

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📍 Reggio Emilia (Italie) 🎂 1922–2004 🏷️ Cinéma & Musique

Origines italiennes

Serge Reggiani naît le 23 mai 1922 à Reggio Emilia, en Émilie-Romagne. Son père, artisan coiffeur, et sa mère sont antifascistes : avec la montée du régime mussolinien, la famille fuit l'Italie et s'installe en France en 1930. Serge a huit ans quand il découvre Paris. Il grandit dans le 20e arrondissement, apprend le français à l'école et dans la rue, et conserve en lui la mémoire de l'Italie — la langue, les chants, la culture ouvrière et militante de Reggio Emilia. Cette double appartenance, italienne par la naissance et l'exil, française par l'adoption et la vie, marquera toute son œuvre.

Comme beaucoup d'enfants d'immigrés italiens de l'entre-deux-guerres, il connaît la précarité et le travail précoce. Il exerce divers métiers avant de se tourner vers le dessin et le théâtre. Son physique sombre, son regard intense et son accent léger feront de lui un « Italien de France » aux yeux du public, une image qu'il assumera pleinement, notamment dans sa chanson « L'Italien ».

Parcours et carrière

Serge Reggiani débute au théâtre pendant l'Occupation, puis au cinéma après la guerre. Il impose son jeu grave et charismatique dans des films majeurs : Les Portes de la nuit (1946) de Marcel Carné, Casque d'or (1952) de Jacques Becker — où il incarne Manda, amant tragique de Marie —, Les Misérables (1958) en Enjolras, Le Doulos (1962) de Jean-Pierre Melville. Il travaille avec les plus grands réalisateurs et devient une figure du cinéma d'auteur et du polar français.

À la fin des années 1960, il se lance dans la chanson. Sa voix rocailleuse, son phrasé unique et son choix de textes exigeants (Boris Vian, Georges Moustaki, Jean-Loup Dabadie, etc.) séduisent un large public. Des titres comme « Le Petit garçon », « Ma liberté », « Il suffirait de presque rien », « L'Italien », « Les Loups » ou « Sarah » deviennent des classiques. Il enchaîne les albums et les tournées jusqu'à la fin de sa vie, tout en continuant à jouer au cinéma et au théâtre. Il incarne ainsi la figure rare de l'acteur-chanteur à la carrière double et durable.

Héritage et postérité

Serge Reggiani meurt le 23 juillet 2004 à Boulogne-Billancourt. Son répertoire de chansons continue d'être interprété et diffusé ; « L'Italien », évocation poétique et douloureuse de l'exil et de l'identité, reste un hymne pour beaucoup de Franco-Italiens. Au cinéma, Casque d'or et ses autres rôles restent des références du patrimoine français. Reggiani demeure l'une des figures les plus accomplies de la culture francitalienne : acteur et chanteur, Italien de naissance et Français de cœur, il a porté toute sa vie une identité double et féconde.

"On m'appelle l'Italien."
— Serge Reggiani, « L'Italien » (Dabadie / Datin)

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