Deux cultures. Une identité.
Empereur de Lugdunum : la conquête de la Bretagne et le plaidoyer pour les Gaulois
Tiberius Claudius Caesar Augustus Germanicus — connu en français sous le nom de Claude — naît le 1er août 10 av. J.-C. à Lugdunum (Lyon), alors colonie romaine et future capitale des Gaules. Il est le fils de Drusus (frère de l'empereur Tibère) et d'Antonia la Jeune, elle-même fille de Marc Antoine et d'Octavie, sœur d'Auguste. Par sa naissance à Lyon, Claude est le premier empereur romain à voir le jour hors d'Italie : il incarne ainsi le lien entre Rome et la Gaule romaine, au cœur de l'identité franco-italienne héritée de l'Antiquité.
Écarté longtemps des affaires publiques en raison d'un handicap physique (boiterie, bégaiement) qui le fait considérer comme peu apte au pouvoir, il se consacre à l'érudition : il rédige des ouvrages d'histoire (dont une histoire des Étrusques et des Carthaginois) et maîtrise le grec et le latin. Cette formation intellectuelle, jointe à son attachement à sa ville natale, nourrit plus tard son discours au Sénat en faveur des notables gaulois, dont le texte nous est parvenu grâce aux Tables claudiennes découvertes à Lyon.
Claude accède au pouvoir en 41 ap. J.-C., après l'assassinat de Caligula : il est proclamé empereur par la garde prétorienne. Son règne (41–54) est marqué par des réalisations majeures. Il lance et mène à bien la conquête de la Bretagne (l'actuelle Grande-Bretagne) à partir de 43, renforçant la présence romaine jusqu'au sud de l'île. Il modernise l'administration impériale en élargissant le rôle des affranchis et en créant de nouveaux services (finances, correspondance, archives), et s'attache à étendre la citoyenneté et les droits des provinciaux.
En 48, il prononce au Sénat un discours en faveur de l'admission des notables des Gaules (notamment de la Gaule chevelue) au Sénat romain. L'empereur, né à Lyon, y défend l'idée que les Gaulois fidèles à Rome doivent pouvoir accéder aux honneurs et aux responsabilités. Le texte de ce discours a été gravé sur des plaques de bronze et exposé à Lugdunum ; deux fragments ont été retrouvés en 1528 sur la colline de Fourvière : ce sont les fameuses Tables claudiennes, conservées au musée Lugdunum (Lyon). Elles constituent l'un des documents les plus précieux sur la politique d'intégration des provinces dans l'Empire et sur le rôle de Lyon comme symbole de la romanité en Gaule.
Claude meurt en 54, probablement empoisonné sur l'ordre de son épouse Agrippine, qui pousse son fils Néron sur le trône.
Claude reste dans l'histoire comme l'empereur bâtisseur et intégrateur : conquête de la Bretagne, réformes administratives, et surtout plaidoyer pour l'entrée des Gaulois au Sénat. Les Tables claudiennes, découvertes à Lyon, rappellent ce lien unique entre un empereur né à Lugdunum et le destin des Gaules au sein de l'Empire romain.
Pour les Francitaliens et pour Lyon, Claude incarne la continuité entre la Gaule romaine et Rome : un « Lyonnais » qui a défendu devant le Sénat le droit des Gaulois à participer pleinement à la vie politique romaine, et dont le discours résonne encore comme un acte fondateur de l'intégration des provinces dans la citoyenneté impériale.
"Quoi de plus juste que des hommes qui ont toujours été fidèles à Rome puissent être admis aux honneurs de Rome ?"— Claude, discours au Sénat (Tables claudiennes, Lyon)